Le projet de cartographie sociale

L’un des projets actuellement développé par le collectif CLASSE est l’élaboration d’une cartographie sociale de la ville.

Les difficultés qu’on a rencontrées lors du mouvement contre la loi Travail étaient largement liées aux manques de moyens, à notre méconnaissance de la ville et à l’inexistence de réseaux de luttes indépendants des calendriers syndicaux.

On a donc eu l’idée d’élaborer une cartographie sociale pour comprendre la façon dont Toulouse et ses alentours fonctionnent économiquement (Quelles entreprises ? Quels axes de transport, Quelle place de la sous-traitance ? etc.) et quelle ambiance règne dans les entreprises, les ASSEDIC, la rue, les chaumières, les prisons, partout où nous trainons ou serons peut-être amenés à trainer quoi !

Un des objectifs de la cartographie est de montrer que d’autres personnes luttent et de faire tourner le message ; mettre en avant les organisations collectives qui ont marché, voir les limites de celles qui n’ont pas fonctionné pour éviter de se planter deux fois de la même façon.

Refuser d’être exploité chacun dans son coin, c’est faire l’effort d’aller chercher les informations concernant chacune de nos situations particulières, les mettre en lien et proposer d’en faire une base pour élaborer une force collective capable de se battre.

Car c’est dans la lutte que les segmentations qui nous isolent dans nos cas particuliers, peuvent être critiquées, affaiblies, et pourquoi pas abolies.

La cartographie, c’est pas un truc qu’on veut finir, c’est un outil qu’on souhaite constamment alimenter au gré de la lutte des classes à Toulouse et ses alentours ; recueillir des informations, capter des gens, nous organiser et permettre la liaison entre les personnes et/ou collectifs en lutte contre l’exploitation capitaliste et ses corollaires.

A ce jour, le collectif CLASSE entame la cartographie via l’élaboration d’un questionnaire disponible ici en version numérique et distribué en version papier devant les boîtes, agences d’intérim, institutions publiques, lors des tables de diffusion et des permanences. Par ce questionnaire, il s’agit de se saisir de ce que l’on vit, de produire notre propre réflexion, de comprendre ce qui nous unit ou nous divise, de reprendre la parole.

Partir de ces constats pour essayer de retrouver une force collective, car c’est un fait qui nous saute aux yeux chaque jour d’avantage : nous ne pouvons compter que sur nous-mêmes !