Baisse des salaires = arrêt du travail : solidarité avec les grévistes de l’entreprise Onet-Airbus.

Depuis jeudi 8 juin, on ne nettoie plus les chaînes de l’A330 d’Airbus à Toulouse. Les ouvriers du sous-traitant Onet , anciennement employés par Atalian, refusent de signer leur nouveau contrat de travail, nouveau contrat imposant des réductions de salaires, des pertes de prime et « avantages » .

Tout s’est passé très vite. Deux sociétés se sont disputées l’appel d’offre lancé par Airbus il y a quelques mois pour le nettoyage des chaînes de montage de l’A330, nettoyage de l’espace de production comme des pièces de l’avion. C’est la société Onet qui a décroché le contrat, grâce à une offre d’environ un million d’euros moins chère que son concurrent, aubaine pour l’architecte-assembleur Airbus. Bien évidemment, ce million d’euros moins cher, ils ne sont pas allés le chercher du côté de leur profit mais plutôt du côté du salaire des ouvriers.

Pourtant, dans le discours, tout semblait aller pour le mieux. Le patron d’Onet a assuré à tout le monde que rien ne changerait concernant les conditions de travail et sa rémunération, mis à part le nouveau sigle Onet imprimé sur leur tenue.

Au petit matin du jeudi 8 juin, l’équipe de nuit, qui vient de terminer son service (l’entreprise tourne en 3 x 8h), est conviée à venir signer son nouveau contrat. Tout est fait pour les rassurer : petite réception, des croissants, du café. Chaque ouvrier est invité à s’installer sur une des tables de signature, où des opératrices les attendent pour leur expliquer les qualités de leur nouveau contrat. A la lecture, plusieurs ouvriers s’étonnent du taux horaire. De 11,14 euros de l’heure, ils passent à 10,52 euros. Et il n’y a pas que ça. Plus de primes, plus de tickets resto et suppression du service de lingerie, un point essentiel quand tu travailles avec des produits toxiques et extrêmement salissants. A la place de ce service de lingerie la direction d’Onet propose une compensation qu’ils estiment « correcte » : 3,79 euros par mois.

Ceux de l’équipe de nuit appellent tout de suite ceux des autres équipes. Après consultation, la grève se profile. Elle est unanime et illimitée. La soixantaine de salariés se retrouvent donc pour décider des modalités de leur action. Si les délégués de la CGT/Airbus affichent leur soutien, le mouvement lui démarre sans syndicat, et les ouvriers décident alors de faire le tour du parc aéronautique afin de faire connaître leur lutte aux ouvriers et ouvrières du parc, qui, à n’en pas douter, ont eux-aussi leurs raisons de se battre. Le vendredi matin, une délégation de grévistes est reçue par une direction un peu abasourdie par la réactivité de leurs nouveaux salariés. La direction s’explique : « Il s’agit d’une erreur. ». Un gréviste nous dira : « Ils n’ont pas fait exprès de baisser nos salaires et on n’a pas fait exprès de mettre un pied dehors. ».

La direction, actuellement en période d’essai et notée par Airbus, est sur les dents. Ils décident de rétablir le taux horaire et de lâcher un petit peu (en primes principalement) pour faire taire la grogne. Les grévistes estiment que ça ne suffit pas. En effet, en décembre dernier, ces derniers s’étaient déjà mis en mouvement contre leur ancien employeur pour obtenir une nouvelle qualification, donc augmenter le taux horaire. Cette qualification s’appelle l’ ATQS2B et ils sont bien décidés à ne rien perdre de ce changement de patron. La grève est reconduite jusqu’au mardi 13 juin, où une nouvelle discussion, cette fois-ci avec un représentant syndical FO, un inspecteur du travail et la direction doit se tenir. Mais les ouvriers pensent qu’il faudra encore mettre la pression quelques jours pour obtenir la qualif. Ce qui est bien quand on taffe dans l’aéronautique, c’est que si un élément de la chaîne déconne, c’est toute la chaîne qui est affectée : « On nous fait croire que ça n’affecte rien, mais on a des infos de l’intérieur et a priori c’est le bordel. ».

Pour contre-carrer l’action des grévistes, la direction n’a pas hésité à faire venir des intérimaires et à mettre au boulot ses cadres. Mais bon, on ne fait pas le même boulot quand on a trois jours d’expérience ou dix ans. « Ce qu’on fait à quatre en une heure, ils ont mis huit heures à le faire, et on ne sait pas combien ils étaient ! » s’amuse un ouvrier gréviste. Imaginez la gueule des mocassins des cadres briseurs de grève. Mais les intérimaires ne sont pas blâmés « Ils sont comme nous, ils ont des gosses, des factures etc. ».

Les grévistes sont optimistes quant à une victoire prochaine mais ils savent également qu’il faut maintenir les hostilités engagées avec la direction, rester vigilants et solidaires sur le long terme. Certains ouvriers se sont mis en avant durant ce mouvement et ils savent que la direction a déjà noté leur nom. Quand on leur demande s’ils sont protégés syndicalement, un homme sort de l’ombre : « C’est nous leur protection. ».

Et il en faudra car la société Onet, mastodonte du nettoyage industriel en France, n’est pas à son premier coup d’essai en ce qui concerne l’attaque contre les salaires et les conditions de travail de leurs ouvriers et ouvrières. « Ils arrivent et ils veulent tout chambouler. ». On sait que quand Airbus veut baisser les coûts, c’est les sous-traitants qui trinquent en premier et que les exploités de ce secteur ont tout intérêt à développer une solidarité sans faille, à l’image des travailleurs d’Onet. Ce genre de mouvement mériterait d’être diffusé, pour donner des idées aux quelques milliers de salariés de la boîte qui chaque jour en Midi Pyrénées s’épuisent au travail pour toujours moins de salaire.

En attendant d’autres nouvelles du mouvement de grève, vous pouvez retrouver les travailleurs à leur piquet de grève au 41 avenue Jean Monnet, 31 170 Colomiers. Ils ont besoin de soutien. De l’argent, du café ou des coups de klaxons, ça fait plaisir. Et n’hésitez pas à vous arrêter pour discuter !

Auto-défense de classe ! Solidarité avec les ouvriers d’Onet-Airbus !

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