Etre en première ligne à l’hôpital 1/2: journal de bord d’une soignante

Journal mis à jour le 17/04/2020

Voir aussi « Pourquoi des interviews de travailleurs sous Covid ? »

Du 16 Mars au 31 mars,

Lundi 16/03

A 9h du matin la cadre infirmière du service de médecin passe avec pour consigne de mettre des masques.

10h : On ne doit plus mettre de masque car les stocks sont trop faibles. Beaucoup de questions de la part des soignants sur les conduites à tenir en cas de suspicions, beaucoup d’informations contradictoires…

Les consultations externes sont annulées.

Mardi 17/03

Pas trop d’information en plus de mon côté, j’apprends seulement que les médecins ont des réunions tous les matins avec l’équipe de direction, les retours que j’en ai ne sont pas très clairs. Beaucoup de blabla, rien de concret, et notamment rien de clair au niveau des protocoles soin/hygiènes pour les soignants.

Mercredi 18/03

Toujours pas de consignes claires, un peu plus d’angoisses pour les soignants. Peur notamment de contaminer leurs proches en rentrant chez eux.

Beaucoup de questions autour de l’habillement : mettre des pyjamas, gardes vêtements de villes sous la blouses… Qu’est-ce qu’on doit faire ?

Mais aussi : quelles conduites à tenir si suspicion ? Quel masque prendre (chirurgicaux, ffp2, etc.) ?

Lundi 23/03

On aura désormais le droit à 1 masque toutes les 8h (un masque vaut pour 4 normalement) ; mais toujours pas de gants.

L’ARS nous a envoyé que 150 masques (pour 500 salariés), on a eu des dons d’autres institutions mais c’est un peu la merde. Apparemment le CHU a reçu une grosse quantité avec ordre de distribuer les stocks, comme s’ils n’avaient que ça à faire… pour rappel ce sont eux qui accueillent une large majorité des cas.

On a 9 patients suspectés covid dont on attend les résultats. Notre service de réa’ n’est pas opérationnel, du coup les soignants sont dans l’attente et le stress de savoir quoi faire de ces patients.

On a eu une réu avec la direction (pour les cadres), qui n’a été qu’une grosse mascarade. Dès qu’un membre de personnel soulevait une question concrète il ou elle se faisant envoyer bouler, limite humilié verbalement par le directeur, un connard fini, méprisant au possible. Ce directeur attaque directement ceux qui prennent la parole, par exemple avec des petites phrases comme : « non mais ça c’est votre petite angoisse personnelle » ; « vous avez juste peur de l’inconnu » (en réponse à une cadre aide-soignante qui appuie le fait que la maternité est sans protocole, a 10 jours de retard sur la préparation et qu’après discussion avec une autre maternité il en ressort que le service n’est absolument pas prêt.

En gros toujours pour renvoyer les questions de fond dans le registre de la petite angoisse personnelle.

Au final donc impossible de conclure sur quoi que ce soit. Nous n’avons quasiment aucun protocole de posé (et notamment pour le service de maternité qui est plein). Aucune perspective de soin et de prise en charge. On nous parle de plusieurs plans qui se contredisent comme le soulignent plusieurs soignants et qui, au niveau du parcours de soin, sont même plutôt dangereux (par exemple installer un barnum de « triage des patients » à l’entrée), d’autant plus que nous n’avons pas de tests pour dépister (donc tout triage est en réalité fallacieux).

A ce jour les soignants n’ont toujours pas eu leur formation habillage/déshabillage (pour ne pas se contaminer en enlevant la tenue) et de toute façon on manque de beaucoup de masques.

Une soignante était au bord des larmes en sortant, mais vraiment impossible de parler de choses concrète, on a eu beau essayer d’y revenir ça n’a rien donné.

Et y a aussi tout un truc de contrôle de l’information : on nous exhorte à ne pas parler des problèmes aux soignants de terrain qui ont besoin de « positifs » – dixit la directrice des soins proche du directeur.

L’équipe ménage n’a plus de masque apparemment…Cette équipe, externalisée et privatisée depuis 2 ans environ, est en bout de chaîne et dispose de peu de moyens de se défendre.

Côté soignant ça s’organise un peu, il y a une volonté de faire tant que possible sans la direction (ce qui est intéressant), ne serait-ce que pour faire l’inventaire des stocks, repérer les besoins, savoir quel secteur a quoi (car oui tout ça n’a toujours pas été fait).

Mardi 24/03

Nouvelle réunion, la salle est très silencieuse, peu de personnes prennent la parole car cela ne mène à rien.

Voilà cependant ce qui ressort des rares échanges :

Question : « Où en sommes-nous de la préparation des parcours de soin ? »

Réponse : « On y travaille » / « on va voir ça » / « on va travailler là-dessus » ; on va travailler sur les « flux » / …. bref une liste longue comme le bras de phrase abstraites qui ne disent rien de concret.

Question : « Qu’en est-il du barnum censé être installé et servir pour l’organisation des parcours de soin ? »

Réponse : « rire (oui oui) » de la directrice des soins proche du directeur de l’hôpital. C’est elle qui coupe aussi souvent la parole, qui donne de multiples informations contradictoires et envoie balader les soignants. « On va s’y mettre on a essayé de le mettre à l’entrée mais il ne passait pas on va l’installer ailleurs ».

Pour remettre dans le contexte, ils voulaient d’abord le mettre à l’entrée de l’hôpital, or c’est là que passent les ambulances il était donc évident que ça ne passerait pas, cela montre qu’ils ne connaissent pas l’hôpital (la fameuse directrice de soins, après 1 an de poste ne savait toujours pas où était l’hôpital de jour alors qu’elle est censée coordonner l’ensemble des services).

On nous annonce la suspension des réunions cadres et médecins pour le moment, car ils ont créé un « comité scientifique » chargé, dans le cadre du plan blanc, de gérer la crise. Dans ce comité il y a des médecins et la direction principalement, aucun infirmier ou infirmière, aucun aide-soignant ou aide-soignante, en gros personne qui n’est constamment sur le terrain (à l’exception d’une infirmière hygiéniste qui nous a été envoyé d’une autre clinique, mais qui semble très proche de la direction …) – Les médecins sont plutôt absents des services (sauf pour la consultation quotidienne) difficile pour les équipes sur le terrain).

Les urgences et d’autres services font remonter que le personnel vient à manquer (maladie, départ, ou autre). Pas de réaction de la part de la direction.

On relève de plus en plus de patients qui nous sont adressés (notamment par les médecins traitants avec des symptômes de covid sévères (dyspnée notamment), alors que nous n’avons pas de service de réanimation opérationnel (nous devons donc les renvoyer vers le CHU). Il est demandé à la direction de transmettre l’information aux médecins traitants, la direction répond vaguement qu’ils le feront.

La cadre des aides-soignants insiste : « le CHU ne pourra pas tout absorber on va en recevoir nous aussi, et on ne peut pas prévoir en avance si, ni quand, il y aura détresse respiratoire ». La direction répond simplement : « oui on en aura » – Inquiétude importante de la part des soignants qui ont peur de ne pas pouvoir réanimer les patients qui feront des détresses respiratoires dans notre hôpital. Pour le moment la consigne serait d’appeler le SAMU, mais dans ce genre de situations souvent le temps manque ….Il y a de quoi mettre sous respirateur dans les blocs mais cela doit rester plutôt exceptionnel si j’ai bien compris.

Sinon toujours manque de matériel, bien sûr masques, mais aussi Unité de soin mobile et Unité de protection mobile (ces deux unités sont des mobiliers de soins portatifs contenant ce qui est nécessaire pour le soin ou pour se protéger, par exemple surblouses, gants, masques). Il n’y a pas de coordination d’organisée entre les services donc on ne sait pas qui a quoi, on voit juste passer des gens venir chercher notre matériel.

Une unité covid devrait être créée dans le secteur de la chirurgie, soit-disant pour accueillir les patients suspects mais non positifs avérés, or nous n’avons pas de tests en quantité suffisante, donc au final les soignants ne comprennent pas trop le principe.

Il en ressort encore beaucoup de flou, rien ne semble clair si ce n’est le mépris affiché envers les soignants. La cellule de « scientifiques » est plutôt inquiétante également car cela va dans le sens d’un contrôle encore plus resserré de l’information je pense. A voir si des parcours de soin et des protocoles clairs en sortiront.

Mercredi 25/03

J’ai pu discuter un peu avec des membres du personnel de ménage aujourd’hui. Ce secteur a été, il y a quelques temps déjà, externalisé auprès d’une entreprise privée spécialisée. J’ai donc appris qu’ils ne disposent que d’un seul masque par jour par membre du personnel (pour rappel un masque vaut normalement pour 4h), alors qu’ils restent toute la journée sur la structure la plupart du temps (l’idéal serait donc au moins 3 masques, voir 2 (puisque nous sommes nous-mêmes soumis à un masque toutes les 8h).

Concernant la tenue du « conseil scientifique » un compte-rendu a été fait (uniquement) aux cadres. Il est assez succinct et confus car beaucoup de cas particuliers ne sont pas pris en considération. Par exemple, il est indiqué que tous les patients venant de l’extérieur ayant consultation à l’hôpital devraient passer par le barnum, mais les patients d’oncologie, du fait de leur état de santé déjà fragile, ne devraient pas avoir à passer par là car cela est dangereux pour eux, mais rien n’est précisé dans ce sens. Ce n’est qu’un exemple il y en a d’autres. On voit également que la maternité n’a pas obtenu la commande de toute ce qu’elle juge nécessaire. De plus, c’est un petit barnum, donc pour les patients arrivants en brancard via les ambulances ça risque d’être vite compliqué. Une seule infirmière d’accueil me paraît juste en cas de pic épidémique (mais n’étant à proprement parlé personnel médical ce n’est qu’une réflexion perso, pas appuyée sur une expérience de terrain).

De plus nous n’avons sur ce document aucune information concernant le service de médecine interne. À ce jour, le CHU absorbe les cas COVID, mais ils vont arriver à saturation, nous allons donc très certainement recevoir des COVID également et sans service de réanimation cela est compliqué pour les équipes. Surtout que nous n’avons toujours pas assez de masques et, notamment, de FFP2 (essentiels si cas COVID avéré). Des FFP2 devraient toutefois être mis à disposition du service qui va ouvrir pour les « COVID suspects », dans le service maternité et aux urgences. Malheureusement c’est un tri un peu de surface puisque sans test on ne sait pas qui est positif ou non. À ce jour les études médicales laissent penser qu’il y a une majoration des symptômes à j+7.

Information très importante aussi, nous n’avons toujours pas de test, donc en réalité il est très difficile de savoir si nous avons des cas COVID ou non, avant l’apparition des symptômes graves (surtout que beaucoup de symptômes peuvent être associés à d’autres pathologies, notamment par exemple chez les patients en post-chimio). La question des masques et des tests est vraiment centrale. Nous n’avons toujours pas de gants en continu non plus (des gants sont toutefois disponibles pour les soins bien entendu). Les mails à l’ARS, au gouvernement et autres restent pour la plupart sans réponse. On a rien reçu en masque depuis les 150 du week-end dernier…(pour rappel on est 500 salariés).

A ce jour les soignant du secteur de médecine interne (je ne sais pas pour les autres services) n’ont toujours pas eu la formation habillage/déshabillage. Je crois par contre que les soignants ont été formés massivement au CHU (information à vérifier cependant). A noter également le manque de pyjamas et de chaussures de protection, il a été rappelé le risque de ramener chez soi des éléments contaminants. Conseil est donné de se déshabiller en entrant et de mettre le linge dans la machine (pour ceux qui en ont ….on est nombreux à vivre dans des petits appart’ donc sans machine) et d’aller à la douche (même les chaussures sont sources de contamination, mais pas de chaussures plastiques pour tous les membres du personnel). Là clairement les conditions matérielles d’existences de chacun sont inégales.

Beaucoup de questions techniques n’ont pas encore été abordées. Par exemple, s’il y a un cas de décès COVID, comment réaliser la toilette mortuaire ? Doit-on la faire ? – car c’est un moment de possible contamination importante.

Aussi on ne sait toujours pas précisément quel secteur à quoi en termes de matériel.

A noter également que de nouveaux signes avant-coureurs du COVID semblent avoir été repérés :

– étourdissement et confusion chez les personnes âgés

– chutes

– perte de goût et d’odorat

– diarrhée et autres problèmes digestifs

Reste que sans tests ces éléments de repérages sont complexes à interpréter … (notamment pour les patients ayant déjà d’autres pathologie ou traitements type chimio par exemple).

Il ressort en tout cas de tout cela qu’au moment du pic nous aurons des patients COVID en médecine et dans d’autres services et que manifestement nous ne serons pas prêts. Il y a aura donc mise en danger des patients et des soignants.

J’ai pu discuter aussi avec quelques membres du personnel de secrétariat. Certains ont pu obtenir un télétravail souhaité, pour d’autres celui-ci a plutôt été imposé.

Lundi 30/03/2020

Toujours pas de protections (masques ; gants) supplémentaires, nous aurions en revanche reçu quelques tests (assez peu je crois, mais je n’ai pas les chiffres exacts)

Les parcours de soin sont encore très flous, les soignants reçoivent des informations contradictoires. Un exemple d’un patient repéré COVID dans le service de médecin, deux informations contradictoires : l’envoyer dans le secteur dédié aux cas suspicions de COVID ou le garder dans la chambre pour éviter les déplacements, potentiellement source de contamination.

J’ai pu discuter un peu avec le personnel d’entretien (entreprise privée externe), aucune information ne leur parvient (par exemple ils ne savaient pas que notre hôpital n’était pas repéré COVID), ils ne sont pas formés à cette situation particulière (par exemple changer d’équipement lorsque l’on sort d’une chambre suspectée COVID pour ne pas transporter le virus avec soi). Ce sont donc les infirmières qui informent au moment où elles perçoivent la situation. Pareil pour les ASH qui s’occupent des plateaux ou des brancardiers (qui ont la particularité de se déplacer dans tout l’hôpital, leur formation est donc importante).

Une difficulté que rencontre l’équipe soignante, qui est liée indirectement à la situation COVID, concerne la question de la fin de vie des patients dans un contexte où les visites extérieures sont extrêmement limitées : comment les accompagner dans cette étape, rendue encore plus difficile du fait de l’accès aux visites limitées pour les proches ?

Le barnum a été installé et 2 infirmières y sont en postes de façon permanente.

Il a enfin été demandé aux cadres des services de faire remonter leurs besoins en termes d’équipement (calcul pour une semaine environ).

 

Mardi 31/03/2020

 Le matin nous avons une réunion cadre. Nous aurions reçu quelques masques apparemment (2400 fin de semaine dernière + 4900 cette semaine et 720 ffp2). Pour le moment seuls les soignants ont le droit à un masque, les secrétaires qui ne sont pas en contact avec les patients n’y ont pas le droit (inquiétude de certain(e)s, notamment celles qui bossent aux archives car c’est un petit endroit assez cloisonné).

Quand on fait remonter que le personnel de ménage n’est pas bien informé (conditions d’hygiène + le fait que l’hôpital n’est pas repéré covid), on nous rétorque que la direction de l’entreprise privée est bien au courant et qu’elle aurait discuté avec son personnel qui apparemment serait “moins angoissés que les soignants”. En gros on nous dit que le patronat affirme que son personnel est heureux et que l’on doit prendre cela pour argent comptant. Est rappelé que comme c’est une entreprise privée, ce ne serait pas à nous de nous charger de ce point information.

Manque de protection oculaire, une proposition d’une cadre de soin de récupérer un don de masque-visière : on lui rétorque de faire remonter l’info (ce qu’elle est en train de faire) et qu’ils aviseront

L’infirmière hygiéniste n’est toujours pas passée dans le service de médecine pour former les gens.

Quand je demande si on a reçu des tests on me répond à côté en me disant qui sera testé et qui non, mais pas de chiffre précis.

J’ai appris qu’ils ont voulu fermer le centre de délivrance de traitement de substitution au moins 1 jour sur 2. La directrice des soins a demandé au médecin d’interroger les infirmières sur leurs horaires et une fois les informations recueillies la médecin a transféré l’information à la directrice des soins. Elles ont compris en voyant le mail commun envoyé à la directrice de soins. On en revient au constat qu’il n’y a pas de solidarité inter-classe (même si dans le cas présent la médecin à appuyer la continuité de l’ouverture et l’importance du travail effectué, mais sans discussion collective préalable, c’est là où le bât blesse).

Heureusement pour le moment le centre ne ferme pas (car grosse activité chaque jour), mais encore une fois ce sont les populations les plus précarisées par le capitalisme que l’on tente le plus rapidement possible d’évacuer.

J’ai été convoquée avec mes collègues pour un rdv avec la drh et une assistante drh, qui a commencé par nous dire qu’elle allait nous mettre en activité partielle. Après vive discussion, il en ressort que ce n’est pas clair, mais on doit en tout cas justifier chaque semaine de notre activité (en gros perdre du temps à justifier du fait que l’on travail). Apparemment ce serait une demande de l’Ars, je ne sais pas en réalité, mais en gros ça revient à fliquer notre activité puisqu’on doit justifier heure par heure de ce que l’on fait (sinon on sera considéré comme activité partielle si j’ai bien compris, mais ça va loin, genre minuter les entretiens téléphoniques avec les patients par exemple). Il a vraiment fallu qu’on les pousse dans leurs argumentations pour qu’elles perdent leurs moyens et qu’elles abandonnent le fait de dire ‘’on vous met en activité partielle”. On nous a quand même sorti des trucs comme “il faut respecter la hiérarchie” et “c’est normal de devoir justifier du fait que l’on travaille”

On ressort de là en ayant perdu une heure de taff et avec un taff supplémentaire de leur envoyer chaque semaine un compte rendu de notre planning …bientôt le travail hospitalier payé à la tâche, un uber’hopital ?

Sur le fil de ces réjouissances, apparemment les membres du personnel qui auraient usé de leur droit ne pas venir travailler pour s’occuper des enfants au début du confinement (avant que les attestations soient sorties) seraient aujourd’hui obligés de poser ces jours en CA ou congés dans soldes, alors même que le procédé avait fait l’objet d’un accord verbal entre la direction et les intéressés.

Mardi 14/04/2020

Les soignants qui risquaient de devoir poser des journées de congés sur les jours où ils s’étaient occupés de leurs enfants à cause du début du confinement (et avec l’accord de la direction) ont finalement eu gain de cause. Les syndicats ont notamment convoqué l’inspection du travail et l’AMS. Le directeur a souligné qu’il ne cédait pas à la pression, qu’il avait simplement fait ce choix là, mais dans les faits je pense que c’est bien l’avertissement fait à l’inspection du travail et les menaces de poursuites qui ont permis de faire bouger les choses (en tout cas ça reste une bonne nouvelle)

La cellule censée gérer la crise COVID a décidé de restreindre l’accès aux réunions des cadres sous prétexte d’éviter qu’un nombre trop important de personnes soient présentes dans la même pièce. On peut toutefois douter du fait que ce soit leur intérêt premier

Mercredi 15/04/2020

On a reçu une note de la direction :

 » Nous vous rappelons que les heures supplémentaires doivent être accomplies à la demande du supérieur hiérarchique et justifiées par les besoins du service. Les salariés qui effectuent des heures supplémentaires de leur propre initiative ne peuvent en demander le bénéfice ou prétendre leur paiement, surtout quand celles-ci ne sont pas justifiées par les besoins du service. Pour rappel, vous êtes soumis à un horaire de travail. De ce fait, le recours aux heures supplémentaires reste exceptionnel et ne se fera qu’à la demande expresse de votre supérieur hiérarchique. »

Qui est une façon de justifier le fait de ne pas payer les heures supplémentaires réalisées puisqu’il est toujours possible de douter de leur pertinence du point de vue la direction. Cela va dans le sens d’un de leurs projets (pas encore réalisé) : installer des badgeuses. Le principe : si retard pour commencer (dès 1min) il y a un signal d’anomalie qui est envoyé à votre supérieur ; en revanche si vous finissez jusqu’à 20 min en retard rien n’est déclenché et pour tout temps supplémentaire à 20 min il faudra justifier à votre supérieur la raison de ce temps supplémentaire qui en jugera de la pertinence (ce qui conditionne le paiement des heures supplémentaires)

Lundi 20/04/2020

Petit mail d’informations pour nous dire “compte tenu de la gratuité des transports publics durant la période de confinement, nous vous informons que l’établissement suspendra la prise en charge des abonnements annuels à partir du 1er avril”.

Mardi 21/04/2020

● Masques : nous avons toujours des dotations irrégulières et imprévisibles de la part de l’ARS comme tous les hôpitaux. Certains lots sont périmés (mais je crois que cela n’implique pas nécessairement une inefficacité), d’autres sont reçus de la Chine et les indications en Chinois ne permettent pas de tracer les différentes certifications. Toutefois la situation est mieux que ce qu’elle a pu être.

● Médicaments : Les inquiétudes qui commencent à apparaître au niveau national concernent plutôt les médicaments (rupture de stock) et notamment les anesthésiants. Pour rappel la France a délocalisé toutes les productions de médicaments.

● Concernant notre hôpital les questionnements actuels tournent plutôt autour des protocoles de reprise de l’activité post-déconfinement. Il y a plusieurs zones d’ombres qui sont dues notamment au fait que nous ne pouvons pas prévoir l’évolution du COVID, mais la direction est très floue sur le travail qu’elle réalise : “on y travaillera, le tout est de faire ça en temps et en heure” ; “si on est solidaires et qu’on travail ensemble on va y arriver” (celle là je la note parce que c’est gros quand même).

● Le directeur de l’hôpital insiste quant à lui sur la nécessité que les services reviennent à l’équilibre (au sens financier, PRE). Cela en passe, dit-il “par une meilleure exploitation”. Il va donc prioriser les travaux qui permettront un retour sur investissement : une nouvelle salle d’accouchement par exemple.

 

A suivre…