Salut à toi

Edito du Bulletin Classe n°3

Toi, cheminot, tu le sais, cette réforme amorce le même processus qu’à France Telecom ou à La Poste, dont on connaît les effets désastreux sur les salariés. Et justement toi, postier, tu sais bien que la pause méridienne et les tournées “sacoche” signifient à terme deux tournées par jour, comme les serveurs font deux services, et la sous traitance à des livreurs à vélo. Et toi, serveur, tu sais bien qu’encore une fois ton patron t’a escroqué d’une demie heure sur un salaire déjà bien léger. Salaire que toi, livreur à vélo, tu ne connais plus depuis qu’ils ont supprimé les fixes pour ne payer qu’à la commission, ce qui te pousse à rouler encore et encore, en essayant de ne pas penser aux risques d’accidents, accidents que toi, qui travaille à l’hôpital, tu vois arriver tous les jours et soigner dans des conditions démentes, qui te font faire des fautes que la hiérarchie te remet sur le dos. Hiérarchie que toi, ouvrier intérimaire, tu ne peux plus supporter, mais c’est ça ou le chômage, que toi, chômeur en a marre de galérer à obtenir alors que c’est un minimum et déjà bien trop faible. Bien trop faible, c’est ce que tu es, pris isolément. Isolement que nous comptons bien briser, en nous retrouvant tous et toutes, dans des comités d’action, des assemblées de lutte… Pour la grève active, la défense collective, l’élargissement du mouvement des étudiants et des cheminots, repartons de l’essentiel : nous sommes embarqués dans la même galère !