FROTTER FROTTER, IL FAUT PAYER !

La grève a débuté le 2 novembre 2017. Les travailleuses et travailleurs d’ONET, en charge du nettoyage des gares du nord de Paris, ont engagé un mouvement de grève auto-organisé contre une clause de mobilité imposée par le nouvel employeur, ONET. Ces prolétaires ont bravé de nombreuses limites inhérentes à l’époque actuelle.

Dispersés dans 75 gares de la SNCF, les 110 salariés ne se connaissaient pas avant la lutte. Au moment de la signature du nouveau contrat avec Onet, ils sont parvenus à se réunir et à voter la grève à l’unanimité. Ils seront 84 jusqu’au 45 ème jour, le dernier.
Grâce à des assemblées générales (AG) quotidiennes, les grévistes ont animé cette grève pour en faire une grève de combat, bien au-delà des pratiques pantouflardes que l’on voit trop souvent. Pendant 45 jours, ils se sont relayés pour tenir des piquets de grève dans trois gares stratégiques. Ces piquets étaient autant des lieux d’organisation, de discussion politique et de liaison avec d’autres luttes, qu’il s’agisse des luttes contre les violences policières ou des luttes des travailleuses du ménage (voir ci-dessous).
Au bout de quinze jours, l’intersyndicale (et plus particulièrement le syndicat SUD-Rail) décide de lancer une caisse de grève destinée à soutenir financièrement le mouvement, tenu par des prolétaires en condition de précarité immédiate.
Comme le mouvement ne lâche rien, et que son écho est proportionnel à l’amoncellement de déchets dans les gares du nord parisien, la SNCF tente le tout pour le tout et porte plainte contre neuf grévistes, à partir de témoignages bidons, pour occupation illégale, le comble pour un piquet de grève. C’est à partir de cet élément que l’AG, avec le soutien de l’intersyndicale, va monter un comité de soutien. L’objectif de ce comité de soutien aura été de publiciser la lutte, la faire sortir des gares pour la répandre dans la rue, par les manifestations, les collages d’affiches etc. Cette lutte locale prenait une nouvelle dimension.
Résultat : la SNCF a été déboutée de sa plainte et contrainte de payer 500 euros à chacun des inculpés. Les grévistes, qui au départ refusaient la clause de mobilité, ont obtenu le passage de tous les salariés à la convention collective Manutention Ferroviaire (plus avantageuse que la convention du nettoyage), l’annulation de la clause mobilité, le maintien de l’effectif, l’augmentation de la prime de panier à 4 euros, l’intégration en CDI d’un collègue qui avait des problèmes de papier (qui a finalement eu son titre de séjour), et une prime de remise en état des gares d’un montant équivalent à deux semaines de salaire. Ils ont également obtenu l’annulation de toutes les sanctions disciplinaires à l’encontre des grévistes.
Ils ont osé gagner !